DE RÉFUGIÉ  Á LA MILICE 1943 1945

Des réfugiés Alsaciens et Mosellans au service de la milice

 

Dans le CHER

Cette page est faite a partir d'informations et de témoignages

Les informations sont issues des archives départemental de Cher


Il est très difficile de présenter ce sujet  beaucoup d'archives ont disparues ou sont encore interdites d'accès aussi grâce a certaines personnes ouvertes a ces recherches il sera possible de mettre en ligne une parti des parcours de ces Alsaciens et Mosellans qui firent ce choix .A travers ces pages il ne faut pas voir une certaine apologie de ces choix mais simplement de présenter un aspect oublié volontairement ou pas de cette partie de l histoire .


Pour des raisons pratique  la première page sera consacrée à une présentation générale est un simple rappel sur cette organisation principalement dans le cher


Préambule

A ce jour, la Milice dans le Cher est évoquée dans de nombreux ouvrages à travers quelques unes de ses actions ou certains de ses responsables. Les noms de chefs comme VIGIER, THÉVENOT, CHAMAILLARD ou bien de quelques simples miliciens sont dorénavant bien connu d'un certain public. BOUT-de-L'AN et LÉCUSSAN, bien que n'étant passé que brièvement dans le Cher, sont aussi familiers aux lecteurs du fait de leur implication dans les évènements de Saint-Amand en juin 1944. De plus, le dernier est aussi responsable de l'arrestation de 67 juifs dans la nuit du 21 au 22 juillet, toujours à saint-Amand. Conduits à la prison du Bordiot, à Bourges, plus d'une trentaine seront ensuite exécutés aux puits de Guerry.
Toutefois, aucune étude ou aucun ouvrage vraiment approfondie n'ont encore été consacrés à la Milice dans le Cher. Sa création, son organisation, le profil sociologique et les motivations de ses adhérents, etc…

Il est difficile de se faire une idée précise des dates de prise de fonction et de la période effective dans le poste des différents responsables. Voire même des fonctions réelles des uns et des autres. Les déclarations sont en effet souvent contradictoires. De plus, il y a souvent confusion entre les différentes fonctions exercées, tout le monde n'étant pas au fait de l'organisation interne de la Milice. Il faut ainsi préciser que le Chef départemental adjoint exerce le commandement de la Franc-Garde, chargée de l'action qui relève du maintien de l'ordre. On voit donc parfois l'appellation Chef départemental de la Franc-Garde, titre qui n'existe pas, ce qui peut porter à confusion.

La plupart des renseignements proviennent de témoignages des miliciens ou de tierces personnes recueillis à la Libération et après dans le cadre des informations préalables aux procès en cour de justice ou chambre civique. Dans le premier cas, on comprend que l'ancien milicien ait intérêt à présenter au mieux son histoire passée dans l'espoir d'adoucir au mieux le verdict. Dans les passages les plus sujets à caution, le conditionnel est donc employé pour bien marquer une légitime suspicion quant aux dires de l'intéressé.
Dans le texte qui suit, et qui ne fait qu'effleurer le sujet :

  • la dénomination Milice Française sera abrégée en Milice, son appellation usuelle
  • le terme générique milicien sera utilisé, même si il faudrait distinguer Franc-Garde et milicien
  • Saint-Amand-Montrond sera plus communément nommé Saint-Amand
 
Contexte :


La Milice Française est créée par la loi n°63 du 30 janvier 1943, publiée au J.O. n°27 du 31 janvier 1943.
Le 8 avril 1943, Pierre CANCE, Délégué Général de la Milice, écrit au préfet du Cher pour l'informer de la nomination de Mr RAYMOND-CLEMOZ en qualité de Chef Régional de la Milice de la Région de Limoges.
Le 30 décembre 1943, Joseph DARNAND est nommé secrétaire d'État au maintien de l'Ordre.
Le 27 janvier 1944, la Milice étend son activité à la Zone Nord. Deux rapports des Renseignements généraux du Cher évoquent la création de la Milice dans le département du Cher, Zone Nord. Le 14 février 1944, le commissaire des R.G. cite les personnes pressenties pour diriger la Milice dans le département : THEVENEAU (sic) et LEGER. Il précise que ces deux personnes portent le gamma. Il note aussi que les P.P.F. et les Francistes paraissent peu disposés à adhérer. Le 1er mars 1944, le commissaire informe le préfet qu'une prise de contact a réuni la veille 29 février les miliciens de la Zone Sud et les futurs membres de la Zone Nord. Il en résulte que la Milice sera créée à l'échelon départemental et aura son siège à Bourge. Mr VIGIER, auparavant à St-Amand-Montrond, viendrait à Bourges en prendre la direction. Enfin, il écrit que le recrutement est commencé et aurait un certain succès. En fait, contrairement à ce que laisse supposer ce rapport, la Milice restera scindée en deux entités distinctes jusqu'à la Libération.
A Saint-Amand, le siège de la Milice se situe 7 rue du Commandant Martin. A Bourges, les bureaux de la Milice sont installés 5 bis rue Calvin dans un immeuble précédemment occupé par la Feldgendarmerie.
Les différents témoignages sur l'action de la Milice démontrent à l'évidence que beaucoup de ses membres qui participaient aux opérations de répression étaient tout autant, sinon plus, attirés par l'appât du gain que par le côté "politique" de leur action. Le mot pillage revient en effet de manière récurrente.
La Milice quitte Bourges le 9 août 1944 dès 5h du matin et St-Amand le lendemain à 6 heures du matin. Des listes de miliciens sont alors saisies à la sous-préfecture par un officier de la subdivision.
 
Effectifs et fonctionnement :


Pour la Zone Nord, aucun chiffre n'est disponible.
Pour la Zone Sud, les effectifs sont connus car les documents saisis par la Résistance à Saint-Amand contenaient des situations d'effectifs allant de mars 1943 à avril 1944, hormis un manque pour janvier 1944. Le tableau ci-dessous en fournit un récapitulatif.
 

  Francs-Gardes miliciens miliciennes Jeunes Total
Deux petits états numériques moins détaillés précèdent les états d'effectifs dont les relevés ci-dessous sont extraits. Ainsi, le premier, daté du 24 février donne le chiffre de 46 miliciens. Le deuxième daté du 15 mars en mentionne 59.
Mars 1943 16 78 8 1 103
Mai 1943 60 96 12 1 169
Juin 1943 68 88 22 2 180
Juillet 1943 70 81 29   186
Août 1943 71 83 31 7 192
Septembre 1943 70 83 31 7 191
Octobre 1943 93 74 30 7 204
Novembre 1943 103 69 31 7 210
Décembre 1943 105 61 31 7 204
Février 1944 119 54 38 9 220
Mars 1944 131 56 41 10 238
Avril 1944 142 57 44 10 253
Février 1944 119 54 38 9 220
Mars 1944 131 56 41 10 238
Avril 1944 142 57 44 10 253


Situation d'effectifs de la Milice en Zone Sud (5 W 117)

Par ailleurs, ces situations d'effectifs mentionnent aussi les professions, partis politique d'appartenance et l'âge des miliciens. Sans trop rentrer dans les détails, il faut noter que la grande majorité des miliciens étaient ouvriers ou paysans. Les moins de 35 ans représentent la tranche d'âge la plus représentée, les moins de 25 ans pouvant atteindre jusqu'à 40% des effectifs selon le mois.
Un état de l'armement, malheureusement non daté, dévoile un parc hétéroclite et somme toute assez pauvre tant quantitativement que qualitativement : 43 révolvers de 4 calibres différents, 7 fusils de chasses de 3 calibres différents, 4 fusils et mousqueton de 3 modèles différents et 2 "mitraillette" Sten (avec 200 cartouches et 4 chargeurs). Ces armes proviennent majoritairement des stocks constitués lors de la remise par les particuliers aux autorités. Les Sten quant à elles sont un cadeau bien involontaire du Royaume-Uni, sans doute saisies lors de l'interception d'un parachutage ou à l'occasion de la découverte d'une cache d'armes de la Résistance.

 

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