RÉCITS DES RÉFUGIÉS ALSACIENS MOSELLANS  1940 1942

 

 

                                                RÉCITS DE RÉFUGIÉS A DÉCOUVRIR


                               

             

                                                        

                                                  


                                                                             

            En charente a Saint  Sulpice les Chaudrolles  les familles Feith,Kirsch de Lenguelheim 



         




 Un grand merci a MONSIEUR ROGER COLOMBEY pour me permettre de transmettre un peu de sa memoire

colombey

Roger avec ses parents 1939



 

La France enfin  

Gare de Metz. Peu d'images en ma mémoire. Juste celle d’un quai avec des gens encombrés de bagages et un peu stressés, des soldats allemands qui surveillent le fusil à l'épaule et le souvenir de ma haine contre eux, qui me fait prononcer « sales boches » en sourdine, chaque fois que nous en croisons.

Après, c'est l'image du compartiment aux banquettes de lattes en bois, où nous sommes entassés à huit, mes parents, et deux couples plus âgés sans enfants, avec baluchons et valises hétéroclites. L'impression aussi qu'il a fallu beaucoup attendre et que le voyage a duré très, très longtemps, au moins deux jours. L'inconfort de ce voyage ne m'a pas laissé de traces autres que la difficulté de dormir, les nombreux arrêts sans raison en rase campagne, sans raison apparente et les freinages brutaux qui font tomber les valises entassées dans les filets. La rumeur court que les conducteurs du train le font exprès, ayant reçu des ordres pour çà.

On a bientôt plus assez d'eau.

Là intervient l’événement qui m'a le plus traumatisé de toute ma vie, peut-être. Plus que les deux bombardements auquel j'ai assisté, en tous cas.

Pour une fois, le train s'est arrêté… dans une gare. La locomotive a besoin de faire le plein d'eau. L'occasion de se ravitailler est trop bonne. Beaucoup d'hommes descendent, dont mon père. Echappant à la surveillance de ma mère, je saute du wagon à sa suite ; mais il ne m'a pas vu. Il court avec les autres vers la gare. Les issues sont fermées. Alors les hommes escaladent une barrière. J'essaye de suivre, mais bute devant l'obstacle, et personne ne fait attention à moi. Alors je me retourne. J'aperçois le train dans toute sa longueur. C'est l'image la plus fortement imprimée en moi de tout l'épisode de la guerre. L'immensité de ce train, l'enfilade de portières toutes semblables. Comment retrouver celle d'où je suis descendu ? La panique me prend, et je me mets à pleurer en criant « maman !, maman !... courant à petits pas en remontant la rame. Je suis loin de penser à l’angoisse de ma mère qui ne m’a pas vu partir et ne sais pas où je suis passé. J'aperçois enfin une main qui, d'une portière, s'agite et m'appelle. Ma mère ! Sauvé !

Je me laisse consoler par toutes les femmes du compartiment. Mais la locomotive se met à siffler. Le train va repartir, et mon père n'est toujours pas revenu. La panique redouble, renforcée par celle de ma mère que je sens tout aussi inquiète que moi. Mon père arrive enfin. Il a des bouteilles d'eau dans son sac à dos et une bouteille de vin. Fin du cauchemar. Le train repart.

 

colombey 1941


                                                  1941    LYON  PALAIS DE LA FOIRE   AVANT LE DÉPART 





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