RÉSEAU MARTIAL PÉRIGORD 1940
 

Qui se souvient  de Paul Dungler,  royaliste et résistant ? Cet ancien camelot du Roi, honorable industriel alsacien résidant à Thann (Haut-Rhin) qui à l’âge de 38 ans, laissera tomber du jour au lendemain son activité pour participer  pleinement  au combat de sa vie, il sera à l’origine du Réseau Martial, l’un des tout premiers réseaux de résistance française, crée en septembre 1940


                                                        

« Surpris par la débâcle de juin 1940 dans le Massif Central, il (Paul Dungler) remonte, le 25 août 1940, en Alsace et y crée, le 1er septembre 1940, la 7e colonne d’Alsace. […] Dès le début de septembre, il rallie à la 7e colonne d’Alsace deux hommes d’élite qui joueront un rôle éminent dans l’histoire de la Résistance alsacienne, Marcel Kibler de Saint-Amarin, le futur commandant Marceau et Paul Winter, de Mulhouse-Bourtzwiller, le futur commandant Daniel. »
Eugène Mey, « Le drame de l’Alsace », éditions Berger-Levrault, 1949, p. 67.

Dungler, en montant son propre réseau dès l’été 1940, devient l’un des premiers chefs résistants, pendant ce temps a Vichy d'autres s'organisent  des  socialistes,  des démocrates et aussi des ex  cagoulards ,  les communistes de leurs cotés observent l’alliance de l’URSS et de l’Allemagne nationale socialiste  jusqu’en 1941.période complexe  le fameux « Paradoxe français » de Simon Epstein,  nous rapporte le récit de la création du réseau Martial autour de la personne de Paul Dungler et de quelques compagnons. (L’ouvrage d’Epstein met en valeur  la période complète,le livre de Jean Eschbach, fils d’un adjoint de Dungler,est une la biographie complète sur lui et ses compagnons et ses  équipes.

 au debut de  Juin 1939. Jean Eschbach indique de Paul Dungler réunit ce jour-là une trentaine de camarades, de personnes sûres, des gars du coin qu’il connait de longue date et dont il sait l’engagement certain. On y retrouve déjà la plupart de futurs chefs de la 7e Colonne, dont ceux qui deviendront officiers des FFI d’Alsace en 1944-45 :
« Il suit avec inquiétude le développement des menées allemandes en Alsace à la fin des années 1930. Il réunit des amis en juin 1939, pour leur faire entendre (devant un buffet léger, où l’on sert du Riesling et du Kugelhof) un important discours de mobilisation. 

 

La recherche de fonds  et l’affiliation du Réseau Martial sont une suite logique si l'ont peut dire  des aides de la « vichysto-résistance »  qui va fonctionner  de 1940 à la fin  1943,ce qui permettra au réseau de se placer en rapport  avec les autres mouvements de la  résistance intérieure,  de l’Armée, d’Alger ou de Londres.  Dungler déclarera que le Maréchal aura continuellement financé ses actions jusqu’à sa déportation en 1944,  d'aprés Jean-Pierre Spenlé Londres finançait également le Réseau martial, lequel était en relation permanente   avec la France libre,principalement dans le cadre de transmissions d’informations. par le positions particulieres  hors d’Alsace dans les environs de Lyon (Couzons-au-Mont-d’Or), Paul Dungler et son compagnon Marcel Kieber créent avec le lieutenant Laurent, le Comité Directeur de la Résistance alsacienne, qui sera la liaison entre Londres et le réseau Confrérie-Notre-Dame.

« Homologué par Londres qui lui alloua un crédit mensuel de 2 millions de francs pour l’exécution de sa mission, il comptait de nombreux agents en Alsace et effectuait des missions d’espionnage. »

 Dungler  et de sa 7e Colonne gr? a cette originalité  explique d’une part sa longévité dans l'action , d’autre part sa probité face a certains .

Dungler en effet, entendait construire son groupe sur un idéal de rassemblement des bonnes volontés patriotes et antiallemandes, et bien que lui-même royaliste, il semble avoir mené son groupe dans le cadre d’une forte laïcité politique, considérant que les querelles idéologiques ne pouvaient que nuire à l’effort contre l’occupation et la domination nazie en France et en Alsace. Pour cela, Dungler exigeait de son groupe, un mystère des plus absolus et une prudence extrême à la moindre relation. Jean-Pierre Spenlé indique encore :

« Cette organisation de résistance fut l’une des seules à ne jamais être démantelée par l’ennemi grâce à Julien Dungler (le frère de Paul, ndlr) qui était un officier de renseignements, capable de cloisonner un réseau de manière efficace. »

Dungler évoque la situation internationale et évalue les risques de guerre .



 En aout 1940  Henry Frenay et Bertie   Albrecht formeront le Mouvement de Libération Nationale, premier mouvement de résistances intérieures opérationnelles, quelques jours avant la formation concrète du réseau Martial. A moins que ce ne soit le réseau Martial qui soit le premier réseau de résistance française de l’Histoire, puisque Jean Eschbach, lui-même fils de Jean Eschbach, cofondateur du réseau, situe sa création effective à la fin Juin 1940, lors d’une réunion dans le Périgord chez Paul Armbuster établit depuis  quelques temps au Gabastou en Dordogne où il a été évacué avec sa famille et d’où il anime des cercles de résistance avec Jean Eschbach et est en contact avec Louis de la Bardonnie dès l’automne 1940. Jean Eschbach et l’abbé de Dartein, apparenté au baron de Gail et par ailleurs percepteur du Comte de Paris. D’autres sources parlent du 25 Aout 1940, dont les cofondateurs du réseau eux-mêmes, le prêtre catholique de Strasbourg Pierre Bockel et Marcel Kibler, ingénieur textile à Thann et ancien de l’Action Française.


                            


Les chefs de la Résistance Alsacienne en réunion à l’été 1944 au Châlet Grosskost : MM. FOEHR, KIEFER, ESCHBACH, FREISS et KIEBLER

Dungler et sa « 7e Colonne » le réseau Martial  se spécialisent avant tout dans le renseignement et la récupération des   soldats français évadés des camps de prisonniers , plus tard  à partir du mois d'aout 1942 de jeunes malgré-nous en fuite, mais aussi   de juifs fuyant les rafles , avec son réseau ils  participent ainsi à des opérations particulieres  comme la  l’évasion du Général Giraud de Königstein en Saxe, le 17 avril 1942. Ce dernier passera par la Suisse et par l’Alsace avant de rejoindre Vichy, aidé en cela des hommes du Réseau Martial,certains d’entre eux paieront de leur liberté et de leur vie,le curé Stamm de LIEBSDORF et René Ortlieb. Ces ecard  de Giraud lors de l’escapade, aura pour effet de faire na?e une haine tenace de Dungler envers le maladroit général.Il faut aussi rappeler  qu’une vingtaine de membres de la famille Giraud seront envoyés en déportation .

Dans le même temps, Dungler continue son activité  souterraine en zone libre , aidé de nombreux alliés restés en Alsace, dont le dirigeant du Réseau Martial Paul Winter, industriel de Bourtzwiller, ancien de l’Action Française ou par d’autres compagnons  en place dans d’autres villes françaises de la zone Sud.
Il finit par entrer en contact avec le réseau Combat par l’entremise de son fondateur Henri Frenay.

DUNGLER REJOINT ALGER EN 1943 EN 1944 IL RETOURNE EN FRANCE

C’est le service de OSS  qui se charge du retour  de Dungler vers la France, il sera parachuté avec succès le 8 janvier 1944 dans les environs de Besse-en-Chandesse dans le Puy-de-Dôme. Hélas, cette mission est à hauts risques il devait rencontrer des agents du service de renseignement Allemand . Il se rend à Nice fin janvier, où il doit rencontrer deux agents de l’Abwehr, lors d’un rendez-vous organisé par Jeantet et un certain comte Couitéas de Faucamberge.l’entrevue est un echec il sera arrété  Jeantet s’en tira et regagna Vichy, Dungler est placé en résidence surveillée avant d’être envoyé dans un camp tchécoslovaque, à Eisenberg où il y retrouvera…le Docteur Menetrel, le médecin personnel du Maréchal.

Il avait tout de même eu le temps en quelques jours de liberté qui lui restaient entre le parachutage et Nice, de continuer a mettre en place son organisation .

Début Juin 1944, le Comité directeur de la résistance alsacienne se prépare au débarquement annoncé par Londres. C’est alors que les chefs historiques de la 7e Colonne Kibler et Eschbach vont retrouver les responsables FFI Alsace au chalet Grosskost le 17 juin. Une seconde réunion du 26 Juillet 1944 fait incorporer les chefs de la 7e Colonne aux postes de commandements des FFI Alsace-Moselle. Ensemble, ils se tiennent prêts l’offensive finale qui les couvrira de gloire, mais qui coutera  également des centaines de vies à ces groupes.

 Dungler,  finit par être libéré le 7 mai 1945. Il rentre en France dans un anonymat relatif, non sans avoir été brièvement inquiété semble-il, lors de l’épuration. Lui, le « commandant Martial », . Pierre Pujo affirme que Jacques Soustelle l’aurait même empêché de témoigner au procès du Maréchal, l’empêchant ainsi de faire la preuve qu’il y a aussi eu un soutien réel et précoce de la part de ce dernier envers certaines filières de la résistance liées à l’Armée ou à l’administration. Dungler ira néanmoins témoigner au procès du Docteur Menetrel, avant de retourner en Alsace, dans un certain anonymat.
 Il décédera   en Aout1974 à Colmar.


Remerciement à Guillaume de Gail. pour son travail sur cette Alsacien et le réseau Martial

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