UN MOSELLAN DANS LA MILICE 

 Gaston RAILLARD 1911 ............

Les informations sont issues des archives départemental de Cher

Gaston RAILLARD

 
Gaston Adolphe Nicolas RAILLARD est né à Bitche (Moselle) le 17 décembre 1911. Il est le fils de Alexandre et Marie Rosalie FATH. Son père, cultivateur et tenancier d'un débit de boisson à Lux (Côte-d'Or), est tué en 1914 dans l'Argonne. Sa mère est cuisinière.
Son signalement figurant dans un procès-verbal de gendarmerie le décrit ainsi : taille 1m60, cheveux châtains, yeux marrons, nez rectiligne, bouche moyenne, visage oval, teint clair, calvitie prononcée, porte des lunettes à monture en écaille.

Célibataire, domicilié 116 rue de Jean de La Fontaine à Paris (16e).
Jusqu'en 1919, il suit les cours de l'école communale de Lux. A cette date, sa mère reviens habiter à Bitche où le jeune Gaston ira au collège jusqu'à l'âge de 12 ans. Sa mère le place alors, ainsi que son frère, à l’École Militaire Enfantine Hériot à Laboissière-École (Eure-et-Loire). Il reste deux ans et obtient son certificat d'études. Il est ensuite envoyé à l'École Militaire Préparatoire de Billom (Puy-de-Dôme). Aprés 3 ans, muni de son brevet d'enseignement primaire supérieur, il est dirigé vers une autre école militaire à Autun. Il y reste deux ans, et suit les cours de deuxième secondaire ainsi qu'un cours de préparation militaire.

A 18 ans, RAILLARD s'engage au 27e R.I. à Dijon. Il est successivement caporal, caporal-chef puis sergent. En 1936, il est reçu à l'école de Saint-Maixent. Il en sort sous-lieutenant en 1938 et rejoint le 1er R.I. à Cambrai. En 1939, il ne part pas au front en raison d'une affection pulmonaire tuberculeuse. Il séjournera au sanatorium Martel de Janville à Passy (Haute-Savoie), où il sera réformé en 1939, jusqu'au 1er janvier 1942. Pendant cette période, il subi avec succès deux pneumothorax[1]. Sur les conseils du médecin, il part ensuite à Vence (Alpes Maritimes). Il séjournera 6 mois dans cette commune, vivant à l'hôtel de sa solde d'officier.

Sa mère s'étant réfugiée à Confolens (Charente), il la rejoint alors. Le 17 juin 1942, il prend pension à l'hôtel de Vienne. Il est fiancé, officieusement comme elle-même le dira, à Madeleine MORICHON, femme de chambre à Gamory, commune de Saint-Maurice-des-Lions. C'est à Confolens qu'il s'engage au S.O.L. en novembre 1942.

Lorsque la Milice est créée début 1943, il intègre cette organisation et déclare être devenu presque aussitôt Secrétaire départemental. Le 8 mars 1943, le Chef départemental DILLY qui écrit au Secrétaire Général de la Milice le présente comme un propagandiste très convaincu qui depuis un an a fait preuve d'un excellent esprit S.O.L. C'est la raison pour laquelle il a nommé RAILLARD chef du 4e service, celui chargé de la propagande. Cela semble indiquer qu'il cumule alors la fonction de Secrétaire départemental et de chef de service.

Outre ses activités de propagandiste, RAILLARD se livre au recrutement et participe aux recherches des réfractaires, notamment dans les forêts du Chambon et de Brigueuil. Il n'a pas à priori effectué lui-même d'arrestations ni participé à des actions armées contre la Résistance. Il en sera de même à Saint-Amand.
Du 15 au 27 mars, le voilà à l'école des cadres d'Uriage. Son appréciation le présente comme un bon élément, intelligent et clair, quoi que diminué physiquement par un pneumothorax.

Début juin 1943, il est à Saint-Amand comme Chef départemental adjoint jusqu'en février 1944 (ou avril 1944, les sources divergent). Durant son séjour à St-Amand, il loge à l'hôtel Pont Pasquet, à partir du 6 juin.

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1943, des tracts sont collés en divers endroits à Saint-Amand. Ils incitent la population à manifester le 11 novembre à 11h, devant le monument aux morts. Le 10 novembre, RAILLARD et deux miliciens se présentent au bureau du Ravitaillement Général, où ils exigent des dactylographes de taper sur leurs machines quelques phrases des tracts. Les miliciens se rendent ensuite auprès du commissaire Marcel Huber[2] pour lui faire part de leurs soupçons, qui s'avèreront infondés après enquête de la police. De février à mars 1944, il part pour Vichy pour participer aux opérations en Haute-Savoie. Mais vu son état de santé déficient[3], il reste à Vichy pour s'occuper de l'organisation des unités de passage. Il se rendra aussi à Paris en mars 1944 afin de faire de la propagande et du recrutement.

En avril 1944, il reviens à Confolens comme Chef départemental adjoint. Au début du mois de juin 1944, il rejoint le gros de la Milice à Angoulême et, via Belfort, se réfugie en Allemagne, à Ulm dans un premier temps. Comme tous les miliciens, il est alors versé dans la Waffen-SS, son dossier indiquant le 12 novembre 1944 comme date d'entrée. Il est nommé Obersturmführer (l'équivalent de lieutenant dans l'armée française) le 4 décembre 1944. Après un passage à Wildflecken, il part pour la S.S.-Panzergrenadier-Schule de Kienschlag, aux environs de Prague, le 26 décembre 1945. Il retourne à Wildflecken au début de mars 1945. Dans le chaos des derniers jours du 3e Reich, il traverse la Bavière et passe en Italie le 30 avril 1945. Il sera emprisonné par les Américains à Bolzen (Bolzano) le 13 mai 1945[4], puis par les Anglais qui le garderont 1 an à Tarente. Le 12 ou 14 avril 1946, il est enfin remis aux autorités françaises à Naples et rapatrié à Marseilles. Le 26 juin 1946, il est envoyé à la maison d'arrêt de Bordeaux (au fort du Hâ). Le 11 décembre 1946, il est transféré à l'Hôpital Prison Pellegrin où il restera quelques temps avant de retourner à la maison d'arrêt. Le 7 mai, il est dirigé sur Bourges.

Condamnations :
Le 22 juin 1945, la cour de justice de la Charente le condamne par contumace à la peine de mort, à l'indignité nationale et prononce la saisie totale de ses biens.
Le 28 août 1945, la cour de justice du Cher le condamne par contumace à la peine de mort, à l'indignité nationale et prononce la saisie totale de ses biens.
Le 22 décembre 1945, la chambre civique du Cher le condamne par contumace à 20 ans d'indignité nationale et à une interdiction de résidence dans le Cher.
Suite à son arrestation, il est condamné à 10 ans de travaux forcés et à l'indignité nationale le 4 décembre 1947.

Il est transféré le 28 avril 1948 de la maison d'arrêt de Bourges au centre pénitentiaire de Mauzac (Dordogne), puis le 2 juin 1949 au centre pénitentiaire de Saint-Sulpice (Tarn).

Comme Raymond LÉGER, il bénéficiera de différentes mesures de remise de peine. Un décret du 18 janvier 1950 commue le reste de ses travaux forcés en réclusion de même durée. Il bénéficie aussi de l'imputation de la durée de l'incarcération de fait antérieure au mandat de justice. Un autre décret du 2 février 1951 l'admet au bénéfice de la libération conditionnelle à compter de la même date. Un nouveau
décret du 16 juin 1951 prononce la remise de la suspension du droit à pension. Et un dernier du 27 mars 1953 lui fait remise d'un an de réclusion
.

 


 Le pneumothorax thérapeutique consiste à provoquer volontairement un pneumothorax dans le but de guérir une maladie. C'était le cas de la tuberculose, que l'on traitait de cette manière jusqu'aux années 1950.

[2] Chef du service des Renseignements Généraux du Cher, Zone Sud.

[3] C'est du moins ce qu'il déclare. Mais cela est plausible, puisqu'effectivement, comme il est mentionné précédemment, sa santé est précaire.

[4] On pourra lire avec intérêt l'article d'Olivier Pigoureau "Taschenbuch – Carnets de campagne d'un Waffen-SS français" paru dans 39/45 Magazine n°296 de janvier 2012. On retrouve à la fin le récit du parcours qu'a du suivre RAILLARD de Wildflecken jusqu'à Bolzen.



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